L’habitat en 2050

Vous vous souvenez de la journée ordinaire de Maxime Cheban en ce 12 juin 2050 ? Nous avons souhaité continuer ce voyage en 2050 avec vous, à travers une série prospective en 5 épisodes, se focalisant sur des thèmes clefs de notre vie quotidienne : l’habitat, la ville et ses déplacements, le travail, les loisirs et la santé.

Ma vie en 2050 – épisode #1 : L’habitat en 2050

Maxime a 35 ans et il est parisien. Contrairement à d’autres, il vit dans un appartement bâti sur terre, avec sa femme Sophie, leurs deux enfants Léa et Hugo et leur robot de compagnie Paulo. A quoi ressemble leur appartement ? Visite guidée :

Ma vie en 2050 épisode 1 : L’habitat en 2050

Préambule à la visite : il faut se remémorer que toutes les pièces de la maison de 2050 sont connectées, entre elles et à nos bots cérébraux (nos Minis-Moi, qui analysent continuellement nos pensées et nos actions et communiquent avec toutes les autres intelligences artificielles – personnelles, domestiques, commerciales ou étatiques – pour organiser nos plannings et nous faciliter la tâche). Les habitations sont toutes connectées depuis les réglementations environnementales de la COP31 qui évitent les consommations d’énergie inutiles en électricité, chauffage, eau, etc. Les ressources sont trop précieuses pour qu’on les laisse filer entre nos doigts !

Espaces collectifs

La COOL ROOM : espace social, central et modulable (= ancien salon)

Au cœur de l’habitation se trouve la cool room, espace dédié aux relations sociales et au divertissement. Il s’agit aussi de la chambre du robot Paulo, qui est l’être fédérateur et confident de la famille.

Comme dans les autres pièces de l’appartement, on peut projeter tout ce que l’on souhaite sur les murs : cadres, papiers peints, peinture, photos, bibliothèque virtuelle… l’affichage peut être reconfiguré à tout moment en fonction des envies et tendances, ça évite de changer le papier peint….

La cool room peut aussi se transformer (partiellement ou non) en espace d’immersion sensorielle. Cette technologie nous permet de vivre de réelles aventures, de voyager, de nous rendre dans des parcs d’attraction à sensations… et de stimuler nos 11 sens.

La FOOD ROOM : discussion augmentée et repas partagés. (= ancienne salle à manger)

Un îlot central est placé au milieu de la food room. On y partage les repas. Le projecteur d’hologrammes et les projecteurs d’images nous permettent d’avoir un support pour nos discussions (montrer les photos capturées par nos lentilles connectées lorsque nous évoquons une anecdote par exemple).

Espaces techniques

Les espaces collectifs desservent les espaces techniques

La CLEANING ROOM: moins d’eau, plus d’infos ! (= ancienne salle de bain)

La cleaning room est un espace d’hygiène corporelle, mais également un laboratoire d’analyse et de santé. A titre d’exemple, les toilettes intelligentes analysent nos selles et urines en continu et envoient les infos à nos bots cérébraux et à DocBot, l’intelligence artificielle de santé universelle.

Bien entendu, il n’y a plus du tout d’eau dans cette pièce, par souci écologique. Le nettoyage se fait par air pulsé et micro-vibrations dans un caisson dédié et les toilettes sont sèches. La technologie permet de réutiliser urine et selles après les analyses pour produire de l’eau potable et de l’engrais pour nos plantes.

Les miroirs connectés permettent d’afficher les informations dont nous avons besoin, mais aussi de tester son maquillage et sa coiffure virtuellement avant de faire son choix final. Nous lavons nos dents en 12 secondes via un laser à rayons ultraviolets qui brûle les bactéries.

La FARM ROOM : L’espace de cultures et production :

Nous cultivons dans la farm room des plantes diverses et variées, principalement pour la consommation. Nous pouvons « discuter » avec nos pommiers miniatures pour savoir s’ils ont besoin de quelque chose. Ils savent très bien nous répondre, et grâce à nos habits connectés, nous les comprenons puisque nous sommes sensibles aux ondes qu’ils envoient.

Le WORKSHOP : espace connecté pour la création culinaire (= ancienne cuisine)

Le workshop est un lieu convivial dans lequel on prépare les repas lorsque nous avons envie de nous lancer dans cette activité créative. L’électroménager est connecté à l’intelligence artificielle culinaire de la maison qui nous propose des recettes en fonction de nos ressources et par consensus des bots cérébraux pour que les recettes plaisent à tous.

Le plan de travail (sensible au poids) est très pratique puisqu’il nous projette les indications de recettes pas à pas, en illuminant les ingrédients à prendre au bon moment. C’est un vrai moment de plaisir. Mais ce n’est pas tous les jours que nous cuisinons ! La plupart du temps, nous programmons directement nos plats à notre machine alimentaire qui les fabrique sur place. En supplément des plats, nous pouvons prendre des capsules qui possèdent un programme permettant de pallier nos carences.

Les courses sont faites au préalable par nos bots virtuels. Les ingrédients et produits sont stockés dans nos entrepôts personnels et lorsque nous choisissons nos recettes, seuls les bons produits sortent de ces entrepôts.

Espaces personnels

Les espaces de la maison de 2050 sont de plus en plus ouverts et partagés. Il est néanmoins important de garder des espaces d’intimité : les espaces personnels.

Les PERSONAL ROOMS: espaces ludiques, relaxants ou studieux

Les personal rooms sont des lieux pour dormir (avec nos matelas connectés qui analysent nos cycles de sommeil et en informent nos bots cérébraux). Toutefois, dormir n’est pas du tout la fonction principale de ces pièces puisque nous ne dormons plus que 3 heures par nuit (4 heures pour les enfants et 1 heure de recharge pour les robots comme Paulo).

Ce sont avant tout des espaces d’expression personnelle, notamment pour les enfants. Ils dessinent sur leurs murs digitaux et peuvent donc décorer la pièce à leur goût.

Un fauteuil relaxant permet de rêver ou lire en tout confort. La sensation de bulle ou cocon est très importante pour chacune des personal rooms.

Concernant le dressing, c’est très pratique : les miroirs connectés nous proposent digitalement des tenues adaptées au planning de la journée (réunion client ou décontractée…) et de la météo. Nous essayons virtuellement les tenues et accessoires sur le miroir connecté. Une fois que nous validons notre choix, les vêtements et accessoires correspondant sortent dans un tiroir de la cleaning room pour que nous les enfilions directement à la sortie de notre douche à air pulsé. Nous ne connaissons plus les piles de vêtements comme on peut le voir dans des photos d’archives… qu’est-ce qu’ils se compliquaient la vie en 2016 !

Les personal rooms font aussi office de bulles de concentration : pour s’adonner à ses séances de réflexion philosophiques, de méditation, pour lire ou travailler, un mode permet de rendre les murs complètement insonorisant. Les murs sont alors transformés en écrans de visioconférence ou en notes épinglées aux murs. La table permet également de visionner les travaux en cours, les plannings, etc.

Les micro-usines personnelles (que l’on appelait à l’époque « imprimantes 3D) présentes dans chaque personal room permettent de fabriquer des objets, que ce soient des créations originales ou des modèles téléchargés, mais aussi de faire des tests de prototypes dans le cadre professionnel.

En bref, un habitat connecté, flexible et ouvert

Pour résumer, nos habitats en 2050 seront organisés autour d’un lieu central d’échange : la cool room. Des espaces techniques y seront ouverts pour que les habitants partagent leur quotidien même s’ils ne font pas la même activité. Seules les personal rooms permettront de s’échapper de cette connexion familiale, pour garder un espace calme et personnel. La connexion de l’habitat de 2050 permettra de simplifier la logistique et de vivre de manière beaucoup plus écologique (smart utilisation du big data). Nous utiliserons les ressources uniquement quand elles seront nécessaires, l’eau sera utilisée seulement en tant que boisson. Par ailleurs, les espaces seront très modulables puisque les murs projetés pourront changer la fonction de la pièce (passer d’une salle d’expression artistique à un bureau studieux par exemple).

Les questions que ce futur pose :

Certes, la connexion de nos bots cérébraux (Minis-Moi) et de tous les objets de la maison a des avantages certains dans la vie pratique de tous les jours (optimisation du temps, simplification des tâches, libération de l’esprit, automatisation des traitements, mise à jour continuelle des données et analyses…). Mais il n’en reste pas moins que cela pose problème concernant l’intimité de nos données : quid de notre vie privée ? Si même nos pensées sont analysées et retranscrites par nos bots, que nous reste-t-il ?

La semaine prochaine… bienvenue dans la ville de 2050 !

Rendez-vous la semaine prochaine pour découvrir le deuxième épisode de notre série prospective Ma vie en 2050. Transports, architecture, big data et ville durable seront au programme ! Bonne réflexion d’ici-là ! J

Qu’est-ce qui nous a fait imaginer ce futur de l’habitat ? Signaux faibles : exemples et projets en cours

Insight #1 : Les toilettes écologiques – projet de la Bill & Melinda Gates Foundation

Au-delà de l’enjeu de démocratisation sanitaire (4 personnes sur 10 n’ont pas encore accès à des toilettes hygiéniques), la fondation souhaite révolutionner les toilettes pour pallier le problème des ressources en eau. Les toilettes qu’ils ont développées ne consomment pas d’eau : au contraire, elles produisent de l’eau claire et potable, grâce au recyclage de l’urine et des selles ! Une technologie propre et écologique J

 innovation écologique

Insight #2 : La déco par projection – projet du designer Julen Pejenaute

Le designer Julen Pejenaute a imaginé ICE pour l’Electrolux Design Lab : une solution de lampe qui permet de projeter tout décor sur la vaisselle et la table. Une bonne idée pour suivre les tendances tout en luttant contre les problématiques de surconsommation ! Nous imaginons que ce concept s’appliquera aux pièces entières et donc à la décoration murale et au mobilier. Les sculptures sur notre table basse en 2050 seront peut-être même des hologrammes sculptés en réalité virtuelle ? Par ailleurs, ICE reconnait les ingrédients qui sont sur le plan de travail et donne des indications pour chacun d’entre eux en fonction de la recette choisie.

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 révolution de la déco

Insight#3 : L’homme avec plus de 5 sens – projet de David Eagelman

Dans sa conférence TED We can create new senses for humans, David Eagelman explique qu’avec son équipe de recherche, ils ont réussi à redonner des sens à des personnes les ayant perdus via une veste connectée (par exemple un sourd pouvait entendre ce que disait son voisin grâce à des capteurs et des stimulations). Ils souhaitent maintenant dépasser le stade de la substitution et augmenter l’homme en lui donnant des sens additionnels. Il sera capable de ressentir le sentiment des gens dans la salle, les flux de données liées à un sujet, d’avoir le sens de l’orientation, de ressentir les ondes électromagnétiques, etc. Les possibilités sont quasi infinies…

 l'humain sera doté de plus de cinq sens

Insight #4 : La communication avec les plantes – projet de Helene Steiner (Microsoft Research’s Studio 99 program)

L’impact de la parole sur la croissance des plantes a été prouvé par les jardiniers, mais aussi par les scientifiques. Des recherches ont également prouvé qu’elles s’exprimaient par décharges électriques et chimiques. La prochaine étape serait donc de pouvoir traduire le langage des plantes. C’est à cette tâche que s’attèle la post-doctorante Helene Steiner (Microsoft Research’s Studio 99 program). En 2050, nous pourrons donc probablement converser avec nos plantes !

recherhes scientifiques sur le langage des plantes

Insight #5 : Les vêtements qui n’ont pas besoins d’être lavés – projet du Dr Rajesh Ramanathan et son équipe

Ces chercheurs australiens du NanoBioSensing Facility and NanoBiotechnology Research Lab  du RMIT ont développé des textiles se lavant de manière autonome au contact des rayons du soleil grâce à des nanoparticules d’argent intégrées aux fibres des tissus.

La Société américaine de chimie travaille aussi sur ce projet en s’intéressant à la capacité autonettoyante du dioxyde de titane qui, en fonction de la longueur d’onde du rayonnement solaire, serait capable de pulvériser et de débarrasser des microbes.

Plus besoin de machines à laver, la consommation d’eau va largement diminuer, les tâches ménagères s’alléger… Bref, les avantages de cette technologie sont innombrables !

des fibres qui se nettoient seules

Waouh, ce sujet m’intéresse : parlons-en !

Inspirez-moi encore !

2018-07-28T09:54:04+00:00

About the Author:

Caroline Ailleret
Spéléologue du web, cueilleuse d'innovations & chercheuse prospective Passionnée du monde qui nous entoure et sa mutation incessante ! De formation sémiologique, Caroline aime décrypter notre société contemporaine pour en comprendre les enjeux et les orientations futures.